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La restauration de la Maison de Georges Clémenceau

Après les dégâts causés par la tempête Xynthia en 2010, le Centre des monuments nationaux a fait le choix de reconstruire le bâtiment d’accueil de la Maison de Georges Clemenceau en l’adaptant aux défis climatiques et aux contraintes du site classé !

Un projet de reconstruction face aux défis climatiques

En 2010, la tempête Xynthia a infligé de lourds dégâts au bâtiment d’accueil et au jardin de la Maison de Georges Clemenceau, une propriété gérée par le Centre des monuments nationaux. L’audit structurel qui a suivi a révélé des désordres majeurs, menant à l'évacuation et au soutènement du bâtiment en 2012. Une réhabilitation classique s'avérant trop coûteuse et inadaptée aux besoins fonctionnels, le CMN a opté pour une démolition et une reconstruction complète. Le projet a été confié à la jeune agence d’architecture Titan, associée aux Jeunes Architectes et Paysagistes Ligériens, afin de concevoir un nouvel équipement de 125 m² (livré en 2017 pour un budget de 500 000 €).

Ce nouvel édifice a obtenu le trophée béton Pro 2019, le prix AMO 2019, dans la catégorie de la mise en œuvre la plus audacieuse.

L'intégration des contraintes réglementaires et environnementales

Afin de préserver l'intégrité du domaine classé, l'État a soumis cette reconstruction contemporaine au respect strict du cadre réglementaire du littoral à travers trois exigences clés :

  • La conservation de l’emprise d’origine : le projet s'implante fidèlement à l’emplacement et au gabarit initial de l'ancien pavillon.
  • Le maintien des surfaces vitrées : le nombre de baies d'origine a été conservé, mais leur répartition a été optimisée (la boutique fait office de signal vers le parvis, tandis que la médiation s'ouvre sur le jardin).
  • La prévention des risques de submersion : en accord avec le Plan de prévention des risques de submersion marine (PPRL), le plancher a été surélevé de 0,70 mètre pour faire face aux menaces maritimes futures.

Techniques de construction et innovation des matériaux

Afin de lier l'architecture contemporaine à la sobriété sauvage du paysage littoral, l'agence Titan a mis en œuvre des techniques de maçonnerie et de structure hautement spécifiques.

La technique de la double enveloppe en béton

Le système constructif repose sur une innovation technique majeure : une double enveloppe. Le bâtiment comprend une coque structurelle intérieure, une couche d'étanchéité et d'isolation, puis un parement extérieur en béton. Cette configuration confère au pavillon une robustesse capable de résister aux chocs en cas de déferlement d'une vague.

Le travail expérimental sur le béton coloré et stratifié

À l'extérieur, un volet expérimental mené avec l'entreprise de maçonnerie Brunet a permis de métamorphoser le béton en un monolithe texturé imitant la nature environnante :

  • La nef publique arbore un béton lisse et uniforme, arborant une teinte « couleur dune » (mélange de sable et d'ocre doux).
  • Les volumes privatifs, coulés par passes successives et manuelles, créent des strates différenciées et irrégulières rappelant les bandes de sable façonnées par les marées.
  • Les tests de sablage in situ ont permis de travailler une gradation de la couleur, s'atténuant du plus foncé au plus clair à mesure que le bâtiment s'élève vers le ciel, acceptant volontairement les affleurements et les accidents de matière.

Menuiseries renforcées et aménagement intérieur

Pour la réalisation des ouvertures, un travail de précision avec l'entreprise Gaillard a permis de concevoir des menuiseries en acier renforcé, capables de faire face au climat marin tout en conservant une grande finesse de montants. À l'intérieur, la rudesse du béton gris clair lisse est adoucie par un parquet en chêne massif et un mobilier en bois épuré conçu sur mesure par l'Atelier du Bocage.

La requalification paysagère des abords

La surélévation obligatoire de 0,70 mètre a nécessité une recomposition globale des accès pour insérer harmonieusement le bâtiment dans son contexte historique et urbain :

  • Côté ville : En collaboration avec la municipalité, un ancien bloc sanitaire communal a été démoli. Une nouvelle rampe d’accès fonctionnelle a été aménagée pour fluidifier les livraisons et les dessertes sans croiser les flux piétons du parvis.
  • Côté jardin : Les paysagistes de l'agence Paula et l’entreprise CAJEV ont retravaillé la transition vers le jardin classé. La palette végétale a été simplifiée au profit d’un couvert boisé local (pins et chênes verts), et le tracé des allées a été redessiné afin d’atténuer l'impact des pentes, créant une transition douce et une meilleure orientation vers la demeure historique de Clemenceau.

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