Plan de relance : 40 millions d'euros pour restaurer et valoriser 17 monuments

Dans le cadre du plan de relance, le Centre des monuments nationaux a bénéficié d’une dotation exceptionnelle de 40 millions d’euros destinée à soutenir le patrimoine, dynamiser l’activité des entreprises spécialisées et valoriser les métiers d’art ainsi que les savoir-faire d’excellence !

À partir de 2021, dix-sept monuments du réseau du CMN ont fait l’objet d’opérations de restauration, de réaménagement ou de modernisation d’ampleur. Répartis sur l’ensemble du territoire, ces chantiers traduisent une ambition forte : préserver durablement des édifices majeurs confiés par l’État au CMN tout en améliorant l’accueil des publics et en enrichissant l’offre culturelle.

Restaurer pour transmettre

Plusieurs opérations ont concerné des interventions lourdes sur le clos et le couvert, rendues indispensables par l’état sanitaire des bâtiments.

Au château de Villeneuve-Lembron, la restauration complète des murs de contrescarpe des douves a été engagée après l’effondrement d’une portion en 2017. L’opération comprend également la réfection des réseaux d’assainissement, garantissant la pérennité structurelle de l’édifice.

Au Palais du Tau à Reims, les façades ont fait l’objet d’une restauration globale : nettoyage des parements, reprise des maçonneries, restauration des menuiseries et des éléments métalliques, afin de redonner toute sa cohérence architecturale à ce monument emblématique lié à l’histoire du sacre des rois de France.

Le château de Pierrefonds a bénéficié d’un vaste chantier sur l’aile des Preuses, comprenant la restauration des charpentes, des couvertures et des décors peints de la salle des Preuses, fragilisés par des infiltrations d’eau. De même, à l’abbaye du Mont-Saint-Michel, l’achèvement de la restauration des façades et toitures de la « Merveille » a permis de traiter des maçonneries sévèrement altérées par les conditions climatiques maritimes.

Les fortifications ont également été au cœur du plan de relance : restauration du front nord du château d’Angers, des remparts de la cité de Carcassonne, des murs et logis à Aigues-Mortes ou encore des couvertures de la caserne Rochambeau à Mont-Dauphin.

Au château de Montal, les parties hautes – charpentes, couvertures, souches de cheminées – ont été intégralement reprises, avec traitement des bois et mise en place d’un nouveau paratonnerre, garantissant la sécurité et la conservation de l’édifice.

Au château de Carrouges, la restauration de la Chambre de l’Évêque s’est accompagnée d’un ambitieux travail de restitution des décors et du mobilier, afin de recréer avec la plus grande fidélité possible un ensemble représentatif des années 1630-1650 et d’offrir au public une immersion complète dans l’atmosphère du XVIIᵉ siècle.

Ouvrir, aménager, rendre accessible

Au-delà de la sauvegarde patrimoniale, plusieurs opérations ont visé à élargir l’offre de visite et à améliorer les conditions d’accueil.

Au château de Bussy-Rabutin, la restauration de l’aile Sarcus a permis d’ouvrir au public des espaces jusqu’alors fermés, avec restitution des décors, remeublement et création d’un nouvel espace d’expositions temporaires. L’accessibilité PMR et la mise aux normes de sécurité ont également été intégrées au projet.

À Aigues-Mortes, le logis du gouverneur a été réaménagé pour proposer un parcours d’introduction renouvelé et des espaces d’accueil modernisés. Au château de Cadillac, la restauration de la terrasse nord ouvre de nouveaux espaces au public et améliore la circulation de visite.

L’abbaye de Beaulieu-en-Rouergue illustre une opération globale associant restauration architecturale, réaménagement paysager et création d’un musée destiné à présenter la collection Brache-Bonnefoi, dans un dialogue entre patrimoine ancien et art moderne.

À Marseille, au château d’If, le projet porte sur l’amélioration des infrastructures d’accueil, notamment la création d’un nouveau ponton d’accostage afin de réduire les fermetures liées aux conditions maritimes, ainsi que la requalification des espaces commerciaux et pédagogiques.

À l’abbaye de Cluny, les interventions soutenues par le plan de relance ont permis de poursuivre les travaux de conservation et de mise en valeur du lieu, consolidant les vestiges et améliorant les conditions de visite.

Au domaine national de Rambouillet, les opérations engagées ont visé à préserver les bâtiments historiques et à améliorer l’accueil du public, participant à la valorisation de ce site emblématique du patrimoine présidentiel et paysager.

À l’oppidum d’Ensérune, les travaux ont permis de renforcer la conservation de ce site archéologique majeur et d’en améliorer la lisibilité pour les visiteurs, contribuant ainsi à la transmission d’un patrimoine antique exceptionnel.

Un levier économique et territorial

Ces chantiers, mobilisant architectes du patrimoine, tailleurs de pierre, charpentiers, couvreurs, ferronniers, restaurateurs de décors peints et artisans d’art, ont constitué un levier majeur de soutien à l’économie des territoires. Ils ont permis de maintenir et de transmettre des compétences rares, tout en assurant un haut niveau d’exigence scientifique et technique.

Dans plusieurs cas, les travaux ont révélé des vestiges archéologiques ou des désordres structurels imprévus, donnant lieu à des études complémentaires et à des ajustements techniques, comme à Carcassonne ou à Angers. Ces découvertes enrichissent la connaissance des monuments tout en renforçant leur consolidation.


À travers cette dotation exceptionnelle de 40 M€, le plan de relance a ainsi permis d’engager ou d’accélérer des opérations structurantes pour le patrimoine national. Au-delà des chiffres, ces interventions traduisent une conviction : investir dans la restauration des monuments historiques, c’est à la fois préserver la mémoire collective, soutenir l’emploi qualifié et renforcer l’attractivité culturelle des territoires.

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