Palais du Tau à Reims : trois œuvres nouvellement présentées

Dans le cadre du redéploiement des collections conservées au palais du Tau à Reims, trois œuvres historiquement de première importance sur les sacres royaux de 1722 et 1825, ont pu être de nouveau présentées au public dans l’antichambre du roi à proximité de la salle Charles X. 

Un tableau de Pierre-Denis Martin

Il s’agit tout d’abord une huile sur toile du 1er quart du XVIIIe siècle « Vue du Festin du sacre de Louis XV au palais archiépicopal de Reims le 25 octobre 1722 » par Pierre-Denis Martin (1663-1742), acquise par le Centre des monuments nationaux en 2000, qui malgré son petit format, est l'une des rares représentations connues d'un roi de France à table.

Dans cette esquisse, le roi âgé de 12 ans, est représenté à l'arrière-plan, sous un dais orné de fleurs de lys, assis seul à sa table, et entouré de très nombreux membres de la famille royale et de la cour. Il porte le célèbre habit de sacre, doublé d'hermine, et la couronne exécutée par Augustin Duflos. À gauche de la composition sont attablés les représentants du clergé, à droite les princes. Les princesses sont assises dans une loge, d'où elles regardent le festin, sans y participer. Dans la partie restée inachevée, à droite, apparaissent des silhouettes à peine esquissées, qui révèlent toute la spontanéité du travail de l'artiste.

 

Présentation de trois œuvres au palais du Tau - 2016
Photo : Pôle inventaire et récolement des collections / Centre des monuments nationaux

 

Pierre-Denis Martin, élève de Van der Meulen et de Parrocel se rendit célèbre pour ses représentations de batailles, de chasses et d’évènements marquants du règne de Louis XV. Il existe une autre version, vue sous un angle différent, de ce tableau conservée au musée national du château de Versailles (Inv. MV 5812).

Une couronne pour Louix XV

Ensuite, il est possible d’admirer la couronne du sacre de Louis XV que l’on peut deviner sur le tableau du festin de Pierre-Denis Martin. C’est une réplique, acquise par le Centre des monuments nationaux en 1995. Elle a été réalisée entre 1835 et 1850 environ, en argent doré avec des fac-similés des pierres et perles d’origine, d’après la couronne exécutée par le joailler Augustin Duflos sur des dessins du joailler Claude Rondé en 1722.

 

Réplique de la couronne de Louis XV et son écrin
Photo : © Pascal Lemaître / Centre des monuments nationaux

 

Deux couronnes furent faites pour le sacre, l’une d’or émaillée, l’autre d’argent doré ornées de pierreries. Cette dernière a été conservée et est actuellement présentée au musée du Louvre depuis 1852 (structure métallique d’origine et pierres d’imitation). La couronne originale comprenait 282 diamants (161 grands et 121 petits) parmi lesquels les célèbres Sancy et Régent (acheté quelques années auparavant), 64 pierres de couleurs (16 rubis, 16 émeraudes, 16 saphirs, 16 topazes) et deux cent trente perles. Après le sacre, les pierres précieuses et les perles ont été remplacées après le sacre par des imitations.

 

Un moulage historique pour Charles X

Enfin, est présenté le moulage de la couronne du sacre de Charles X réalisé par Christophe-Frédéric Bapst (1789-1870) pour Louis XVIII. L'original de la couronne fut exécuté par Christophe-Frédéric Bapst sur le dessin d'Evrard Bapst, joaillier du roi et de la Couronne. Ce moulage présente à la base une bande circulaire ornée de motifs de pierreries cernée par deux bandeaux de perles en parties haute et basse. Cette bande est surmontée de 16 fleurs de lys alternant par leur taille et dont les 8 plus grandes sont la base des arceaux se réunissant au centre par une fleur de lys sommitale (qui n'est pas solidaire de la couronne). Les arceaux sont ornés de pierreries. Des inscriptions au crayon sont lisibles sur le plâtre le long des arceaux.

 

Moulage de la couronne du sacre de Charles X 
Photos : Pôle inventaire et récolement des collections / Centre des monuments nationaux

 

La couronne fut démontée en 1854 pour récupérer les pierres (vendues aux enchères en 1887) et fut fondue en 1886 par les employés des Domaines comme « dernier emblème de la monarchie ». 

Ce moulage est un dépôt des Archives nationales, classé au titre des Monuments historiques depuis 1967.

  

Les coulisses

Montage de la nouvelle présentation au palais du Tau. 
Photos : Pôle inventaire et récolement des collections / Centre des monuments nationaux

 

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