Arc de Triomphe, Paris

En 2010, afin de retrouver toute la valeur de ces groupes sculptés qui ornent le plus grand axe du monde, le Centre des monuments nationaux a décidé d'en confier la restauration à l'architecte en chef des monuments historiques, Etienne Poncelet. 

Quatre groupes sculptés ornent les piédroits de l'Arc de Triomphe. Ces chefs-d’œuvre évoquent « le triomphe de Napoléon » (Jean-Pierre CORTOT), « la résistance » et « la paix » (Antoine Etex) et la « le départ des volontaires » ou la marseillaise (François Rude, sculpteur du romantisme). Comme l’ensemble du programme iconographique de l’Arc, les groupes sculptés ont été réalisés entre 1833 et 1836.

En 2010, afin de retrouver toute la valeur de ces groupes sculptés qui ornent le plus grand axe du monde, le Centre des monuments nationaux a décidé d'en confier la restauration à l'architecte en chef des monuments historiques, Etienne Poncelet. 

Le constat

Ces reliefs présentaient un encrassement (principalement dû à la pollution) qui brouillait la perception du modelé de la sculpture. Par ailleurs, l'hydrofuge protégeant la peau de l'édifice datait d'une vingtaine d'années et nécessitait d'être repris.

Il importait donc de procéder au nettoyage de la surface de la pierre afin d'en ôter les poussières, et de restaurer ponctuellement les reliefs.

 

Groupes sculptés de l'arc de triomphe avant restauration / Photos : DR / CMN

 

Le mot de l'architecte

Quels étaient les enjeux et contraintes de ce chantier ?

Plus de 20 ans après les travaux de nettoyage de l'Arc de Triomphe réalisés lors du bicentenaire de la Révolution, il convenait de raviver la vigueur des quatre groupes sculptés animant les piliers de l'Arc depuis 1836. Après les études de convenances, la restauration de ces sculptures a été décidée avec un objectif précis : être prêt pour le rendez-vous de l'anniversaire du 18 juin 2010, ce qui fut fait. Pour tenir la qualité et les délais, l'opération fut traitée en lot unique ouvert à un groupement d'entreprises spécialisées. L'entreprise Tollis fut retenue comme mandataire. Il fallut se faufiler à travers les cérémonies, les touristes et le rendez-vous quotidien du ravivage de la Flamme, sous la pression constante et légitime des médias intéressés par le sujet. Pour conserver l'harmonie des lieux, un soin particulier fut accordé aux installations de chantier et à l'habillage des quatre caissons de travail ornés par les photographies à l'échelle des génies sculptés et soulignés par la signalétique du CMN.

 

Bâche de chantier - Arc de triomphe

Bâches de chantier de l'Arc de Triomphe / Photo : DR / CMN

 

Quel parti architectural avez-vous adopté ?

Le parti architectural fut la restauration en profondeur des sculptures comprenant la dérestauration de certaines parties  ragréées de ciment, la purge et le remplacement de certaines pièces métalliques défectueuses tout en assurant une harmonie entre les parois des piliers blancs de Château-Landon, imprégnés d'hydrofuge, et les pierres de Chérence sculptées, de nuances plus dorées, ayant conservé les traces de leur couverte ocre rose d'origine. Grâce aux conseils du Laboratoire de Recherche des Monuments Historiques et à l'expérience des restaurateurs, la « symétrie » de l'œuvre originale, au sens classique du terme, fut restituée y compris le glaive bronze du génie de la Guerre et la trompette adoucie, de ton miel, de la Renommée. 

 

Détail des groupes sculptés restaurés / Arc de Triomphe

Détail des groupes sculptés restaurés - Photo : DR / CMN

 

Les travaux

Le nettoyage biocide, retrait des lichens à l'aide d'un  scalpel hydraulique, et finitions par micro-abrasion a été réalisé selon les prescriptions du  LRMH. Il s'est accompagné de restaurations ponctuelles (notamment des reliefs), qui se sont appuyées sur des techniques adaptées aux différentes natures de pierre (de Château-Landon et de Chérencé). Enfin, une patine d'harmonisation a été apposée sur l'ensemble des groupes.

Les acteurs

Pour mener à bien ce chantier, l'architecte en chef des monuments historiques a eu recours à de nombreux intervenants, associant des restaurateurs de pierre, des ingénieurs en laboratoire (notamment du LRMH)...

Cette opération a également bénéficié de l'aide technique de la société Kärcher (pour la réalisation d'essais de nettoyage des différents types de pierre).

L'opération a été entièrement mécénée par la société Dassault, à hauteur de 800 000 euros.

 

Groupes sculptés de l'Arc de Triomphe restaurés - Photo : Philippe Berthé / CMN